Billettique et monétique

L'équipement ou pas d'un réseau en billettique est une décision politique liée à la gamme tarifaire.

Ces systèmes peuvent permettre la mise en place de tarifications intermodales, mais il est également possible de proposer des titres de transport multimodaux sans billettique. Les recettes commerciales des réseaux de transport dépendent directement de ces systèmes qui doivent donc atteindre un très haut niveau de fiabilité.

Les systèmes évoluent progressivement pour intégrer la notion de compte mobilité facilitant l'usage de plusieurs moyens de transport. C'est un élément essentiel à la mise en oeuvre d'un outil de MaaS (Mobility as a Service).

Valideurs

Valideur à Dijon
Ancien valideur dans un autobus de Dijon.

Le temps du composteur qui coupe un coin des tickets et imprime la date/heure et des informations techniques est révolu. Dans de nombreux réseaux, les valideurs sans contact sont arrivés.

Avec eux, les titres à vue ont été supprimés. Ainsi, tous les usagers doivent valider un titre, même en correspondance. Cette procédure permet d'obtenir des statistiques assez précises et entraîne une très nette baisse du taux de fraude

Valideur
Valideur sans contact installé sur une barre de la porte arrière d'un bus de la RATP.

Mais l'arrivée du paiement par carte bancaire ou via téléphone mobile apporte de nouvelles contraintes.

Validation avec un téléphone mobile

La technologie NFC peut être utilisée comme moyen de validation. L'usager doit approcher son téléphone du valideur pour effectuer une validation.

Seuls quelques téléphones mobiles sont compatibles avec ce système.

Open Payment EMV : paiement par carte bancaire

Cette technologie permet d'utiliser une carte bancaire EMV comme titre de transport. Le soir, une analyse des validations effectuées dans la journée est effectuée. L'objectif est de calculer le tarif le plus avantageux prévu par la gamme tarifaire. Le montant est ensuite prélevé directement sur le compte bancaire.

Les réseaux de Dijon (utilisation de valideurs Famoco) et Chartres (système AEP Ticketing Solutions) ont mis en oeuvre cette technologie. Ce système de vente se développe de plus en plus.

En septembre 2021, Ubitransport a annoncé un partenariat avec Flowbird pour proposer de l'open payment.

Billettique légère : le téléphone mobile comme outil de validation

Des systèmes billettiques utilisent un téléphone mobile comme matériel de validation. La caméra du téléphone, fixé au niveau du poste de conduite est active et permet la lecture d'un QR-Code situé sur le ticket ou la carte de l'usager.

Tickets et cartes

Tickets

Composteur
Composteur CAMP Poitiers

Deux formats de tickets existent : petit format 30x66 mm (type Edmonson, ex: RATP, Lyon, Poitiers…) ou format ISO 54x86 mm, type carte à puce (Angers, Bordeaux, Toulouse…).

Ces tickets existent avec ou sans piste magnétique.

Il existe désormais des tickets (format ISO) sans contact. Ceux-ci sont rechargeables.

Vers la fin des tickets ?

Les tickets, très peu recyclés, sont une source de pollution. En Île-de-France, le carnet de 10 tickets cartonnés disparaît peu à peu, remplacé par des solutions alternatives.

Cartes

Les systèmes billettique fonctionnent avec des cartes sans contact (nominatives ou non). Dans certains cas, ces cartes permettent de charger différents titres de transport.

Les titres de transport peuvent également être placés sur le téléphone de l'usager, grâce à la norme NFC. Les valideurs doivent alors être compatibles avec cette norme.

Le réseau TAG de Grenoble permet de place ses titres sur une clé USB.

Objets de collection

La collection de titres de transport est nommée ésitériophilie.

Avantages

Les industriels du secteur fournissent des solutions globales de gestion du système de billettique : de l'émission du titre de transport, à l'exploitation des résultats via une suite logicielle qui permet l'analyse approfondie des données passagers.

Ces systèmes facilitent également la mise en place d'offres intermodales (calcul du partage des recettes).

Post-paiement

La billettique permet de mettre en oeuvre des systèmes de post-paiement, les clients des réseaux sont prélevés en fonction de leur consommation. C'est le cas sur le réseau de Belfort. D'autres réseaux ont suivi comme Brest, Le Mans, Tours, Nantes (Libertan)… En fin de mois, le tarif le plus avantageux est alors appliqué à l'usager. Si l'usager n'a pas utilisé le réseau, aucun paiement n'est dû.

Vente de titres

Aux arrêts

Les réseaux disposant de lignes de transport en commun en site propre équipent généralement les stations avec des distributeurs de titre (distributeurs automatiques de tickets, DAT).

DAT à Metz
DAT intégré dans une station du BHNS de Metz.

Certains automates permettent aussi le règlement des amendes.

A bord

Les conducteurs peuvent vendre des tickets. Il faut généralement régler en espèces et faire l'appoint. Certains réseaux expérimentent des terminaux permettant le paiement d'un ticket par carte bancaire sans contact. C'est le cas de Grenoble, sur la ligne Chrono C1 depuis septembre 2015, pour un an.

La tarification à bord est parfois majorée.

Valideur VIX
Valideur VIX sans contact installé dans une rame du tramway de Tours.

Par SMS

Dans certains réseaux, l'achat d'un ticket unité peut être effectué en envoyant un message (SMS) à un numéro surtaxé. L'usager reçoit en retour un SMS avec un code de contrôle correspondant à son achat.

Avec cette solution, il n'y a pas de geste de validation à l'entrée dans le véhicule. Le contrôle par le conducteur peut se faire par lecture du SMS reçu. Les contrôleurs bénéficient d'une application permettant d'effectuer la vérification.

Par internet

La vente peut aussi être effectuée par internet. Certains réseaux fournissent des lecteurs de cartes à puce (vendus entre 5 et 7 €) à connecter sur le port USB de l'ordinateur pour permettre le rechargement des cartes d'abonnement ou l'achat de tickets.

Titre de transport sur smartphone

Désormais des applications dématérialisent totalement les titres de transport. Il est possible de valider directement son téléphone. Plusieurs solutions techniques différentes existent : validation sur l'application (auto-validation), par QR-Code, par NFC, par Bluetooth… Certaines technologies permettent de valider même sans couverture réseau mobile (ex : Seamless de Conduent Business Solutions).

Exemple de solution : Witick

L'application mobile Witick utilise la technologie Bluetooth Low Energy. Elle est disponible pour les téléphones mobiles iOS ou Android. Pour valider, l'usager doit approcher son smartphone du valideur installé à bord du bus. En mai 2021, le système est déployé à Bordeaux et à Brive-la-Gaillarde.

Dépositaires

En plus des agences commerciales, les réseaux peuvent faire appel à des dépositaires pour vendre des titres de transport. Ceux-ci sont rémunérés par un pourcentage sur les ventes effectuées. Le rechargement des abonnements sur carte sans contact est parfois possible.

Pour les conducteurs

Au dépôt, des automates permettent aux conducteurs de déposer leur recette en numéraire (pièces et billets) et de renouveler leur dotation en blocs de tickets pour la vente à bord.

Pour les contrôleurs

Dans le cadre de la lutte contre la fraude, les contrôleurs doivent pouvoir vérifier que chaque usager est en règle. La vérification de la validité des titres de transport peut s'effectuer "à vue" s'il s'agit d'un titre papier, mais dans les autres cas, les contrôleurs sont équipés d'un terminal portatif. Cet équipement est généralement fourni par l'industriel qui a vendu le système billettique.

Industriels

Plusieurs sociétés commercialisent des solutions billettique lourdes ou légères : Actoll, AEP Ticketing Solutions, Conduent Business Solutions (ex-Xerox, ex-ACS Solutions France), Monkey Factory (Mybus), Thales (domaine Revenue Collection Systems), Famoco, Flowbird (ex-Parkeon, ex-Schlumberger), Vix Technology (ex-ERG), Paragon ID, UBI Transports…

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