Transition énergétique des parcs de bus des métropoles : point de situation
Article publié sur transbus.org le par Olivier Meyer


La stratégie en matière de transition énergétique des flottes d'autobus est très différente d'un territoire à l'autre. Cet article détaille les choix effectués pour les réseaux de transport public des intercommunalités de type métropole.
Les flottes de bus détaillées ici sont celles détenues par les collectivités mais aussi celles des délégataires et des sous-traitants lorsque les véhicules ne sont pas mis à disposition par l'autorité organisatrice. La métropole de Lyon (un peu plus de 1 000 bus) et la métropole du Grand Paris (8 700 bus) au statut spécifique ne sont pas prises en compte pour cette analyse.
Les réseaux de transport public des métropoles exploitent plus de 7 800 bus, soit près de 28,5 % du parc national qui se monte à 27 800 bus.
Seuls les autobus sont pris en compte dans cet article, les modes guidés comme le tramway et les autocars en sont exclus. Dans cette analyse, les bus hybrides diesel-électriques (non rechargeables) et ceux fonctionnant avec du biodiesel sont assimilés à des bus diesel.
Bordeaux Métropole
Les premiers bus fonctionnant au gaz naturel sont arrivés à Bordeaux en 1998. Désormais, les bus au gaz représentent un peu plus de 50 % de la flotte de plus de 600 bus du réseau TBM (y compris les bus affrétés). Les autres bus circulent au gazole. Quatre bus électriques ont été mis en service par le transporteur affrété Keolis Gironde à la rentrée scolaire 2024. La collectivité a commandé 40 autobus articulés électriques pour une ligne de BHNS. Les deux premiers exemplaires ont été réceptionnés en avril.
Brest Métropole
Près de 10 % des 150 bus du réseau Bibus roulent désormais à l'électricité. Les autres bus fonctionnent au gazole à l'exception de 5 bus affrétés roulant au biogaz. De nouveaux bus électriques de 12 et 18 mètres ont été commandés. Des bus articulés électriques seront exploités sur une ligne de BHNS qui sera mise en service en février 2026.
Clermont Auvergne Métropole
Le réseau T2C est organisé par le Syndicat Mixte des Transports en Commun de l'agglomération clermontoise. Les premiers bus au gaz sont arrivés en 2001. Désormais, sur 200 bus, un peu moins de 80 fonctionnent au gaz. Un bus à hydrogène a été mis en service fin 2024 sur une ligne exploitée par Keolis Pays des Volcans, neuf autres sont en cours de réception. Les lignes B et C de BHNS vont être équipées d'ici fin 2025 de 40 autobus articulés électriques HESS lighTram19 avec recharge rapide à certains arrêts.
Dijon Métropole
Le réseau Divia est exploité avec une flotte de 225 bus diesel. La collectivité va remplacer les bus diesel par 55 véhicules fonctionnant à l'hydrogène et 117 électriques à batteries d'ici 2035.
Grenoble-Alpes Métropole
Le réseau de transport public M réso est organisé par le Syndicat Mixte des Mobilités de l'Aire Grenobloise sur un périmètre plus large que la métropole.
Sur le périmètre de la métropole, la SPL M TAG et ses sous-traitants exploitent une flotte totale de près de 290 bus. Plus de 170 bus (58 %) fonctionnent au gaz naturel et 7 sont électriques.
Métropole Européenne de Lille
Près de 580 bus circulent sur le réseau Illévia dont 85 % de bus alimentés avec du biogaz (le premier est arrivé en 1997) et 5 midibus électriques. Un projet d'acquisition de 70 bus électriques a été annoncé.
Montpellier Méditerranée Métropole
Sur les 215 bus du réseau TAM, environ deux tiers circulent au gaz naturel, une énergie dont l'utilisation a débuté en 2000. À noter que 15 bus roulent à l'éthanol depuis 2020. Des lignes de BHNS sont en cours d'aménagement, elles seront exploitées avec 70 autobus électriques à batteries. La première a été inaugurée en mai dernier avec une douzaine de bus électriques.
Métropole du Grand Nancy
Sur les 250 bus exploités sur le réseau Stan, 85 % circulent au gaz naturel. Cette énergie a remplacé progressivement les bus diesel depuis 1999. Une ligne exploitée avec 25 trolleybus bi-articulés a été mise en service en avril 2025.
Nantes Métropole
Plus de 600 bus circulent sur le réseau TAN dont 450 fonctionnent au gaz naturel. Les premiers bus au gaz sont arrivés à Nantes en 1998. Des bus bi-articulés électriques sont exploités sur une ligne de BHNS depuis 2019. En octobre 2025, les 15 premiers bus standards électriques Heuliez (environ 350 km d'autonomie) seront livrés sur la trentaine de bus électriques qui doit être mise en service entre la fin de l'année 2025 et le premier trimestre 2026. Des bus articulés électriques sont prévus à partir de 2027.
Métropole Nice Côte d'Azur
Plus de 400 bus circulent sur le réseau Lignes d'Azur. Le diesel est sous la barre des 50 % du parc, l'électricité est utilisée pour 30 % des bus (de 6 à 18 mètres) et le gaz naturel pour le reste, une énergie dont l'usage a débuté en 1998.
Métropole Rouen Normandie
La flotte de plus de 420 bus en circulation sur le réseau Astuce comprend près de 80 bus électriques, majoritairement des Heuliez Bus GX337 Elec ainsi que 14 Van Hool A12 FC fonctionnant avec de l'hydrogène. La collectivité a commandé une centaine d'autobus électriques Ebusco de 12 et 18 mètres, les premiers exemplaires ont été mis en service en avril 2025.
Métropole d'Aix-Marseille-Provence
Environ 1 100 bus circulent sur le réseau La Métropole Mobilité de la Métropole d'Aix-Marseille-Provence. Ils sont exploités par plusieurs opérateurs, principalement la régie RTM et ses filiales ainsi que Transdev et Keolis. Au total, plus de 140 bus électriques sont en exploitation, 91 roulent au gaz naturel (acquisitions de 2020 à 2022) et les autres sont à moteur diesel. En 2024, la RTM a commandé 200 autobus électriques qui seront livrés progressivement jusqu'en 2027. D'ici 2030, 620 bus électriques vont circuler sur les lignes exploitées par la RTM.
Orléans Métropole
Plus de 180 autobus roulent sur le réseau TaO dont une cinquantaine de bus électriques. Les autres bus sont diesel ou hybrides diesel-électriques.
Eurométropole de Metz
Le réseau Le Met' est exploité avec une flotte de 200 bus, actuellement tous à moteur diesel à l'exception de 4 minibus électriques. L'hydrogène et l'électrique sont les solutions retenues dans le cadre de la transition énergétique. Les premiers bus à hydrogène devraient être mis en service en 2026. Les autobus électriques sont planifiés à partir de 2028.
Rennes Métropole
475 bus circulent sur le réseau STAR. Le remplacement des bus diesel est en cours par des bus électriques pour la partie urbaine (65 bus à ce jour) et des bus au gaz naturel pour le périurbain dont les premiers exemplaires sont arrivés en 2021, il y en a plus de 70 actuellement.
Saint-Étienne Métropole
Sur les 220 bus du réseau Stas, 35 sont électriques (trolleybus ou bus à batteries). La collectivité achète et met à disposition des sous-traitants les bus dits « transition énergétique », soit actuellement une dizaine de bus électriques. Des bus fonctionnant au gaz naturel seront livrés prochainement.
Strasbourg Eurométropole
Sur la flotte de 300 bus exploités par la CTS, plus de 80 sont électriques à batteries. Le reste du parc fonctionne au gaz naturel, une énergie dont le déploiement a débuté en 1997.
Métropole Toulon-Provence-Méditerranée
Sur la flotte de 340 bus du réseau Mistral, 15 % fonctionnent au gaz naturel (mis en service en 2021 et 2024). Les premiers véhicules électriques, 6 midibus, ont été mis en service en avril 2025 et 6 autres bus électriques sont prévus pour septembre 2026.
Toulouse Métropole
Le réseau Tisséo s'étend au-delà de Toulouse Métropole. La transition énergétique de la flotte de 750 bus a débuté en 2003 avec la mise en service des premiers bus fonctionnant au gaz naturel. Désormais, il y en a 480 et les lignes affrétées sont progressivement équipées également d'autobus à motorisation gaz. Huit autobus électriques à batteries circulent sur la navette aéroport.
Tours Métropole Val de Loire
Le réseau fil Bleu du Syndicat des Mobilités de Touraine avait opté en 1999 pour le carburant GPL pour une partie de sa flotte de bus. Cette énergie a désormais disparu pour les véhicules lourds. En 2022, des bus fonctionnant au biogaz ont été mis en service. Il y en a désormais 45 sur un parc de 220 bus.
La part du diesel dans les parcs d'autobus des métropoles vont continuer à diminuer dans les années à venir. Depuis le 1er janvier 2025, dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants, la totalité des acquisitions d'autobus est constituée de véhicules à faibles émissions et la moitié au moins d'autobus à très faibles émissions (électrique ou hydrogène).
L'arrêt de la production des autobus à moteur thermique (diesel et gaz) est actuellement fixé à 2035 avec un objectif intermédiaire de 85 % de bus zéro émission en 2030. Toutefois, le règlement européen relatif aux normes en matière d'émissions de CO2 pour les véhicules lourds prévoit une clause de réexamen en 2027. À cette occasion, le calendrier pourrait évoluer.
Outre l'acquisition des autobus, l'électrification des flottes d'autobus nécessite l'adaptation des infrastructures notamment des dépôts, l'évolution des méthodes d'exploitation et de maintenance et l'acquisition de nouvelles compétences pour le personnel.
La transition énergétique sera l'un des thèmes des Journées AGIR qui se tiennent à Reims du mardi 24 au jeudi 26 juin 2025. Ce sujet sera abordé lors de la conférence « Adapter le réseau à l'accueil de nouvelles énergies » ainsi que par des interventions de plusieurs exposants notamment Daimler Buses Solutions « des solutions clés en main pour l’électrification des dépôts de bus » et Iveco Bus « Gestion de projet et solutions intégrées pour une mobilité zéro émission ».
Pour en savoir plus : https://www.agir-transport.org/journees_agir/on-se-voit-a-reims








