Suite un grave accident ou après 10, 15 ou même 20 ans de service et des kilométrages pouvant atteindre plus de 800 000 km, les autobus sont réformés par les exploitants. Mais que deviennent-ils ? Et bien, tout dépend de leur état général. Certains sont directement démolis, revendus ou offerts à des associations de préservation, d'autres entament une seconde carrière, parfois dans des domaines peu liés aux transports urbains !
Les collectivités et exploitants ont plusieurs solutions pour se débarasser des bus à réformer :
En 2023, plusieurs collectivités et transporteurs ont donné des autocars à l'Ukraine dans le cadre de la campagne de solidarité School buses for Ukraine initiée par la Commission européenne. Le 23 février 2023, les entités Transdev Pays de la Loire, Centre-Val de Loire et Bretagne ont organisé l'acheminement de 5 cars jusqu'à Kiev. Début mars 2023, Transdev a donné 23 autres cars scolaires.
La région Normandie a fait un don de 13 autocars en mars 2023. Remis en état par Keolis Bus Verts, ils seront acheminés en juin vers l'Oblast de Dnipro où ils devraient être utilisés pour le transport scolaire. La Communauté de communes Lieuvin Pays d’Auge, se joint à cette opération et fait don d’un autocar.
Le 5 avril 2023, 8 bus GX 317 et Citelis réformés du réseau TAO d'Orléans Métropole ont été donnés à l'Ukraine.
En novembre 2025, la Région Île-de-France a annoncé le don de 400 bus diesel réformés aux Oblasts de Kyiiv et de Tchernihiv en Ukraine, respectivement 260 et 140 bus d'Île-de-France Mobilités.
En général, les entreprises de transport urbain conservent toujours un vieil autobus afin de le transformer en "bus info". Ce point de vente mobile permet aux réseaux d'aller au plus proche de leurs clients. Ces véhicules sont généralement utilisés en période de rentrée scolaire pour la réalisation des cartes d'abonnement.
![]() Berliet PCM (Annecy - réseau SIBRA) |
![]() Heuliez GX 44 (Nantes) Photo : Qu'est ce qui se "tram" à Nantes ? |
Voilà, une utilisation originale des autobus réformés. Les bus internet sont des cybercafés roulants. Bien entendu, pour pouvoir surfer sur le web, il leur faut s'arrêter pour se connecter, par satellite ou via une ligne téléphonique.
![]() Renault SC 10 UO (ex : Poitiers n°140) Photo : TRANS'BUS |
![]() Renault PR 100 MI - (ex : Nantes) Photo : Qu'est ce qui se "tram" à Nantes ? |
Le SC 10 UO (ci-dessus) est un ancien bus de Poitiers, transformé en bus internet (avec 8 ordinateurs multimédia) pour un montant de 500 000 F. Après avoir été utilisé par l'Espace Mendès France, il a été vendu à la SARL Tsunami qui l'utilise dans toute la France.
Internet s'étant démocratisé, ce type d'utilisation est désormais plus rare.
Il n'est pas rare que des autobus assurent l'hiver une liaison entre les stations et le départ des pistes de ski. Toutefois dans les années 90, n'importe quel bus ne peut pas être choisi pour remplir cette fonction. À cette époque, le plus souvent ce sont des Berliet / Renault PR 100 qui jouent ce rôle. En effet, les Saviem / Renault SC 10 qui n'ont pas de roues arrières jumelées, sont fort peu adaptés à cette tâche.
![]() Berliet / Renault PR 100 |
![]() Renault PR 100.2, en cours d'habillage (ex : Océcars - La Rochelle) |
| ^ Véhicules "Altiservice" (St-Lary Soulan, Pyrénées) ^ | |
Désormais, certaines stations souhaitent des bus moins polluants et optent donc pour des véhicules neufs, équipés de motorisations conformes aux dernières normes environnementales.
Transformation originale, ce type d'utilisation nécessite le réaménagement complet du bus, avec l'ajout d'un vestiaire, de toilettes, de la sonorisation…


Les réseaux urbains utilisent généralement des autobus en fin de vie pour assurer la formation des conducteurs (FCO).
Certains bus sont conservés par des associations à titre historique. Il existe des bus préservés dans toute la France.

Des bénévoles entretiennent ces véhicules pour qu'ils restent en bon état de marche.
Des bus réformés sont régulièrement exportés. La RATP en exporte en Tunisie. Ainsi, à Tunis, 123 bus Agora S sont arrivés en septembre 2015, suivi par 177 au premier trimestre de l'année 2016.
En août 2023, un navire a livré 90 autobus Irisbus Citelis Line et 32 articulés Irisbus Citelis 18 à Transtu. Au total, 300 bus doivent être livrés.
En 2024, la Tunisie a acheté 600 bus d'occasion à la RATP pour 6 millions d'euros (hors transport). En complément, la RATP et Île-de-France mobilités ont fait un don de 165 bus utilisés durant les Jeux Paralympiques de Paris 2024.
Mais avant d'être détruits, les autobus sont généralement stockés au fond du parking de leur exploitant. Ils peuvent alors servir de magasin de pièces, pour réparer d'autres véhicules de même type.
![]() Renault PR 100 R Autobus réformé d'un réseau urbain du Var Photo : TRANS'BUS - Olivier MEYER |
![]() Autocar SAVIEM réformé Photo : TRANS'BUS |
Les véhicules inutilisables finissent chez un ferrailleur agréé pour le traitement des véhicules hors d'usage (VHU). Leur convoyage jusqu'au lieu de destruction s'effectue en fonction de leur état (par la route, tiré par une dépanneuse ou sur porte-char). Le certificat d'immatriculation est alors barré.
Une fois arrivé chez le professionnel VHU, les véhicules sont dépollués (collecte des fluides, retrait des batteries et des pneumatiques). Les différents matériaux sont séparés pour être valorisés. Les métaux (cuivre, acier, aluminium…) sont recyclés.
Le centre VHU agréé délivre ensuite un certificat de destruction.
Le constructeur Gruau proposait un service de recyclage des véhicules Microbus en fin de vie.
Concernant les autobus électriques, le sujet du recyclage des batteries commence à être traité. Les premières batteries concernées sont celles des premiers bus hybrides qui doivent être remplacées à mi-vie.
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