Navettes électriques sans conducteur

En juin 2016, au salon Transports Publics, elles étaient l'attraction vedette. Les navettes autonomes sont des véhicules de petite capacité ayant la faculté de circuler sans conducteur. Plusieurs expérimentations ont lieu en France avec différents modèles.

Navya Arma / Navly à Lyon
Navya Arma sur le service Navly à Lyon en octobre 2016.

Sécurité

Il existe des systèmes automatiques de transport de passagers depuis longtemps. Il s'agit des métros automatiques (ex : VAL) qui évoluent en site propre intégral. La nouveauté est que ces navettes sont conçues pour circuler sur la voie publique. Elles ont donc des interactions avec les autres véhicules, les piétons, les cyclistes…

C'est pourquoi la sécurité est un élément clé de ces véhicules. Pour circuler sans danger, plusieurs systèmes sont combinés : caméras, lasers, GPS, odomètre… A l'intérieur, en cas de problème, les passagers peuvent immobiliser la navette à l'aide de boutons d'arrêt d'urgence.

Les concepteurs jugent ces véhicules plus sûrs que ceux avec conducteur car ils suppriment l'erreur humaine à l'origine de la plupart des accidents.

Mise en oeuvre

L'ouverture d'une ligne exploitée avec des navettes autonomes nécessite une préparation sur site. Il faut configurer les navettes pour qu'elles puissent circuler sur l'itinéraire (reconnaissance du trajet) et marquer les arrêts (repérage GPS).

Plusieurs modes d'exploitation sont disponibles : desserte de tous les arrêts, dépose à la demande ou appel d'une navette via une application sur smartphone.

Véhicules disponibles

Le secteur des navettes autonomes est dominé par de nouveaux acteurs. Pour l'instant, on ne retrouve pas les constructeurs traditionnels d'autobus avec conducteur. A titre d'exemple, les sociétés EasyMile et Navya ont été fondées en 2014.

EasyMile EZ10

Le modèle EZ10 de la société EasyMile est d'une capacité de 12 personnes (6 assises, 6 debout). Ce véhicule est totalement symétrique.

EasyMile EZ10
Navette EasyMile EZ10 à Paris en septembre 2016.

L'EZ10 a fait l'objet d'une démonstration à Paris les 24 et 25 septembre 2016 par son constructeur et la RATP.

Quelques jours plus tard, une autre navette EZ10, aux couleurs de Transdev, était en essai lors du salon Autonomy.

Navya Arma

Navya Arma est une navette autonome qui a été lancée en octobre 2015. Elle peut transporter jusqu'à 15 passagers.

Navya CarPostal
Navya de CarPostal à Paris en juin 2016.

Les navettes autonomes en exploitation

Civaux (Vienne) : centrale nucléaire EDF

Depuis avril 2016, une filiale de Transdev exploite 6 navettes Navya Arma au sein de la centrale nucléaire. Ces navettes transportent le personnel qui travaille sur le site. L'intervalle de passage est de 3 min alors que le service précédent de bus offrait un passage seulement toutes les 15 min.

Lyon

En septembre 2016, à Lyon, le service Navly a été lancé pour un an. Deux navettes Navya Arma sont en exploitation par Keolis dans le nouveau quartier de Confluences.

Un opérateur est toutefois à bord de chaque navette pour accueillir les passagers et assurer la sécurité.

L'avenir ?

Les constructeurs comme Mercedes-Benz nous donnent un début de réponse. En 2016, le constructeur allemand a présenté un autobus semi-autonome, le Future Bus qui possède la fonction CityPilot.

Nul doute que les systèmes de conduite autonome vont se développer. Mais jusqu'où ?

Il y a des enjeux sociaux importants derrière ces véhicules. En effet, le secteur du transport public est un employeur important de main d'œuvre, essentiellement pour la conduite des véhicules.

Ces expérimentations vont servir à valider la capacité technique de ces navettes à évoluer en totale sécurité en milieu urbain.

Enfin, des questions juridiques sont à résoudre (qui est responsable en cas d'accident ?) avant que des véhicules totalement autonomes soient autorisés à circuler sur la voie publique.

Pour en savoir plus…

Voici quelques liens à consulter :

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