Services d'autocars librement organisés : les 10 ans des cars Macron
Article publié sur transbus.org le par Olivier Meyer


La loi du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques dite loi Macron a libéralisé le transport régulier interurbain de voyageurs par autocar.
Précédemment, seul le cabotage sur les lignes internationales était autorisé depuis 2011.
La loi Macron permet aux transporteurs de mettre en place des services librement organisés (SLO) par autocar, les « cars Macron ».
Dès la promulgation de cette loi, plusieurs opérateurs ont lancé des services d'autocar longue distance d'abord en permettant des liaisons en France sur des lignes internationales, puis en ouvrant de nouvelles lignes. Des trajets en autocar ont été commercialisés et exploités par la SNCF (marque Ouibus), Transdev (marque Isilines), les transporteurs du groupement Réunir (marque Starshipper) et le britannique Megabus.com. La plateforme allemande Flix s'est également placée sur ce marché sous la marque Flixbus, mais sans exploiter directement les autocars.
Lancement aujourd'hui de la 1ère ligne "100% française" de FlixBus Clermont-Bourges-Paris pic.twitter.com/mWBUVHnSVz
— FlixBus_FR (@FlixBus_FR) September 3, 2015
Désormais seuls deux réseaux d'autocars longue distance subsistent et desservent 200 villes françaises : Flixbus (deux tiers des départs totaux) et BlaBlaCar Bus (un tiers des départs). Il s'agit de plateformes qui commercialisent les trajets et développent la notoriété de leur marque. Le transport est effectué par des autocaristes sous contrat. L'Autorité de régulation des transports (ART) indique qu'en 2024, 142 entreprises sont partenaires des opérateurs SLO dont 107 sont françaises.
Quelques transporteurs indépendants avaient lancé leurs propres lignes longue distance, mais ces liaisons ont été éphémères en raison de leur faible notoriété, de la concurrence et de l'absence d'effet réseau. Il existe toutefois des liaisons de moins de 100 kilomètres exploitées de manière indépendantes sous la forme de SLO, notamment entre Nancy, Pont-à-Mousson et la gare Lorraine TGV, entre Rennes, Saint-Malo et le Mont-Saint-Michel ainsi que quelques dessertes saisonnières.
Le fonctionnement du secteur du transport routier de voyageurs est suivi par l'ART qui publie des chiffres clés trimestriels et un rapport annuel sur le marché du transport par autocar et sur les gares routières en France.
Pour les services assurant une liaison de moins de 100 kilomètres entre deux arrêts, les transporteurs doivent faire une déclaration auprès de l'ART préalablement à leur ouverture. Les autorités organisatrices de transport peuvent les limiter ou les interdire s'ils concurrencent des lignes de service public de transport afin de ne pas porter atteinte à l'équilibre économique du contrat de service public de transport concerné.
Le développement de ces services nécessite des gares routières pour la bonne prise en charge des voyageurs. Si les métropoles ont toutes des gares routières, elles sont parfois sous-dimensionnées ou avec un niveau d'équipement en-deçà des standards attendus. C'est notamment le cas à Paris où la gare de Bercy accueille 5 millions de passagers par an mais est peu adaptée à un tel trafic.
Dans son dernier rapport, l'ART indique que depuis la libéralisation du secteur en 2015, plus de 100 millions de passagers ont été transportés par les autocars librement organisés, dont 17 % n'auraient pas voyagé si ce mode de transport n'avait pas existé.
Pour en savoir plus : https://www.autorite-transports.fr/les-autocars/








