Centre-Val de Loire : où en est la transition énergétique des bus et cars ?
Article publié sur transbus.org le par Olivier Meyer


Chaque mois, zoom sur la transition énergétique du parc de bus et cars dans une région française. Cette série débute avec la région Centre-Val de Loire.
Les données du système d'immatriculation des véhicules (SIV) indiquent que 3 118 véhicules de transport en commun de personnes sont immatriculés dans cette région : 692 autobus et 2 426 autocars. Ces chiffres sont légèrement en-dessous de la réalité en raison des véhicules immatriculés au siège des groupes de transport, notamment Transdev et RATP Dev. À l'inverse, quelques véhicules immatriculés dans cette région circulent en dehors, c'est le cas d'autocars appartenant à des loueurs. Au final, on peut estimer que 730 bus et près de 2 600 autocars circulent en région Centre-Val de Loire.
Dans cette région, les autobus sont exploités sur une dizaine de réseaux urbains de transport public et autant de services de navettes organisés par des communes ou communautés de communes.
Les autocars circulent principalement sur le réseau régional Rémi (1 750 cars). Les autres autocars circulent sur des circuits scolaires organisés par d'autres collectivités locales, quelques services de transport privé pour des entreprises et pour des transports occasionnels et touristiques (près de 300 cars de tourisme) ainsi qu'un peu plus d'une dizaine sur des services librement organisés BlaBlaCar et Flixbus.
Réseau régional Rémi
Le réseau Rémi est organisé par la région Centre-Val de Loire. Les services routiers mobilisent 1 750 cars dont 600 sur les lignes régulières et 1 160 sur les circuits de transport scolaire.
Pour les lignes régulières, des autocars fonctionnant au gaz naturel ont été mis en service. Il y en a désormais plus d'une centaine. La Région vise la fin des cars thermiques sur les lignes commerciales du réseau routier Rémi d'ici 2028.
Pour les circuits de transport scolaire Rémi, il y a désormais une quinzaine d'autocars Iveco Bus Crossway diesel transformés par Retrofleet en autocars électriques à batteries. Ces cars rétrofités circulent sont exploités par des filiales du groupe Transdev. Le groupe exploite aussi quelques cars électriques Yutong sur le réseau Rémi.
Cars de tourisme
Seuls les Cars Millet exploitent depuis 2024 un autocar de tourisme électrique, un Yutong T12E.
Réseaux de transport urbain
Certains réseaux de transport urbain ont aussi débuté la transition énergétique de leur flotte de bus et cars.
Tours
En plus du tramway, plus de 215 bus et cars circulent sur le réseau Fil Bleu du Syndicat des Mobilités de Touraine. Après avoir essayé le carburant GPL à la fin des années 90 (36 bus), le réseau était repassé au gazole. En 2022, des bus fonctionnant au gaz naturel ont été mis en service. Il y en a désormais 45. Onze nouveaux bus au biogaz devraient être livrés cette année. Enfin, cinq minibus électriques circulent sur des navettes.
Orléans
Le réseau TAO d'Orléans Métropole exploite près de 200 bus et cars ainsi que 43 rames de tramway. La transition énergétique vers des bus électriques a débuté en 2012 avec l'acquisition de minibus. À partir de 2017, des tests de longue durée avec plusieurs modèles de bus électriques de 12 et 18 mètres ont été menés. En 2021 la collectivité a acheté 29 Irizar ie tram 12 puis 7 autres en 2024.
Pour les bus à moteur diesel, le délégataire Keolis a généralisé l'utilisation du biocarburant HVO.
Bourges
Les premiers bus au gaz naturel sont arrivés sur le réseau AggloBus de Bourges en l'an 2000. L'acquisition et le renouvellement des bus au gaz se poursuit en parallèle de bus fonctionnant au gazole. Un peu moins de la moitié des bus fonctionne au gaz naturel.
Châteauroux
Bien connu pour sa gratuité d'accès, le réseau Horizon de Châteauroux Métropole n'a pas encore mis en service de bus avec une motorisation alternative au diesel. Néanmoins, depuis 2019, la collectivité a un projet d'acquisition de bus à hydrogène. En 2021, un nouveau dépôt de bus a vu le jour dans ce cadre. Des bus électriques devraient être prochainement réceptionnés pour renouveler une partie de la flotte de 40 bus.
Blois
Un peu moins de 50 bus circulent sur le réseau Azalys ainsi que des autocars sur certaines lignes et circuits de transport scolaire. La transition vers le zéro émission avec des bus électriques à batteries a débuté dès 2018 avec deux minibus puis 6 bus électriques sont arrivés en 2021 et trois autres en 2024. Agglopolys poursuit le renouvellement du parc avec des bus électriques. De nouveaux bus sont actuellement en cours de finalisation dans l'usine Heuliez Bus.
Chartres
Un peu moins de 80 bus sont exploités par la SPL Chartres Métropole Transports (C'Chartres transports) et 40 autocars également par la SPL ou des transporteurs privés. Le BHNS de Chartres métropole a été mis en service en septembre dernier. Pour renouveler une grande partie de la flotte de bus du réseau Filibus, la collectivité a opté pour des véhicules à motorisation diesel « mild hybrid ». D'ici début 2026, 52 Mercedes-Benz Citaro Hybrid seront mis en ligne. Les premiers sont déjà en service.
À noter également qu'un midibus électrique Karsan e-Atak circule à Chinon, qu'un minibus Bluebus 6 roule à Dreux sur le réseau Linéad et que le service PEM de la communauté de communes des Portes Euréliennes d'Île-de-France est aussi exploité avec un minibus électrique.
À Vierzon, deux minibus électriques arriveront en janvier 2026 et il existe un projet de mise en service deux bus électriques à horizon 2029 et 2030. Enfin, le réseau de Nogent-le-Rotrou va exploiter deux midibus électriques Yutong. Le premier devrait arriver ce mois-ci et le second en mai 2026.
Au total, presque 10 % des bus exploités en région Centre-Val de Loire sont électriques et 10 % également fonctionnent au biogaz. Concernant les autocars, même si le mouvement de transition énergétique est lancé pour ceux organisés par la Région, il reste encore marginal à ce jour à l'échelle du parc en service.








