Bourgogne-Franche-Comté : où en est la transition énergétique des bus et cars ?

Article publié sur transbus.org le par Olivier Meyer

Bus fonctionnant au biogaz à Besançon
Bus fonctionnant au biogaz à Besançon
Mobigo

Chaque mois, zoom sur la transition énergétique du parc de bus et cars dans une région française. Ce mois-ci, direction la région Bourgogne-Franche-Comté.

Le registre électronique national des entreprises de transport de voyageurs par route indique qu'il y a 4 264 copies de la licence de transport communautaire pour les entreprises dont le siège est dans la région Bourgogne-Franche-Comté. Au 1er janvier 2025, les statistiques sur les données du parc automobile français indiquent que 4 234 véhicules de transport en commun de personnes sont immatriculés dans cette région, dont 612 bus et 3 622 cars.

Pour obtenir le nombre de bus et cars circulant dans cette région, il faut tenir compte de la présence des véhicules du loueur Lambert Location, immatriculés principalement dans l'Yonne, de ceux du groupe Transarc, en grande partie immatriculés en Côte-d'Or mais dont certains circulent en dehors de la région, mais aussi d'une partie des cars de Transdev circulant dans la région, mais immatriculés dans les Hauts-de-Seine. Au total, on peut estimer que 660 bus et 3 500 cars circulent en région Bourgogne-Franche-Comté, soit plus de 4 100 véhicules de transport en commun de personnes.

Réseau régional Mobigo

La Région Bourgogne-Franche-Comté est l'autorité organisatrice du réseau Mobigo.

Les lignes routières Mobigo sont exploitées avec 2 700 autocars. En 2024, dans le guide Mobigo, la Région Bourgogne-Franche-Comté indique s'être engagée à réduire de 50 % le nombre d’autocars Mobigo roulant au diesel d'ici 2027. La collectivité précise que d'ores et déjà, 26 % des autocars fonctionnent au biocarburant et 20 % sont des hybrides alimentés au biocarburant (Iveco Crossway hybrid et Mercedes-Benz Intouro hybrid).

Quelques autocars électriques sont en circulation. Transdev BFC Est a utilisé entre fin 2020 et fin 2025 trois cars électriques Yutong ICe 12 sur la ligne Mobigo circulant entre Besançon et Vesoul. En mai 2026, Keolis Monts Jura devrait mettre en service 7 autocars électriques neufs. Des circuits de transport scolaire sont exploités avec des autocars rétrofités, principalement par le groupe Transarc, par GTV Transports SN et par Keolis Bourgogne.

Enfin, le carburant gaz naturel occupe une place très marginale avec seulement 6 autocars Iveco Bus Crossway CNG exploités par Cresson Voyages.


Plusieurs réseaux de transport urbain sont aussi engagés dans la transition énergétique de leur flotte de véhicules de transport en commun.

Dijon : cap sur l'électrique

Le réseau Divia de Dijon Métropole est le gros réseau de transport urbain de la région. Une flotte de 170 bus est en exploitation, dont 102 bus hybrides diesel-électrique de 2013 et 5 minibus électriques qui circulent sur une navette au centre-ville de Dijon. Pour remplacer les bus diesel, la collectivité avait initié un projet de déploiement de bus à hydrogène. Finalement, l'autorité organisatrice va opter pour des bus électriques à batteries. En attendant, les véhicules les plus anciens ont été remplacés par des bus d'occasion.

Besançon : gaz, électricité et biocarburant

Dès 1999, le réseau de transport public de Besançon a renouvelé une partie de sa flotte de bus diesel par des bus fonctionnant au gaz naturel. Désormais un peu moins d'une quarantaine de bus roulent au biogaz sur une flotte de 115 bus du réseau Ginko. Depuis 2024, les bus au gasoil fonctionnent au carburant HVO. Enfin, 4 bus électriques, des Heuliez GX137 L Elec ont été réceptionnés en 2022 et 2024.

Belfort : GPL, puis hydrogène

La sortie du gazole a débuté en 2007 avec la mise en service d'autobus fonctionnant au GPL. Cette filière industrielle a été arrêtée par les industriels en 2009. Le réseau Optymo a alors commandé à nouveau des bus à moteur diesel. Puis en 2023, sept autobus Van Hool A12 FC à hydrogène ont été livrés. L'incendie de l'un d'eux début janvier 2025 au dépôt et la propagation du sinistre aux autres bus du même type a temporairement stoppé l'utilisation de cette énergie. En août 2025, huit bus articulés Solaris Urbino IV 18 hydrogen ont été réceptionnés.

Mâcon : vers des bus électriques

Le réseau réseau Tréma de Mâconnais Beaujolais Agglomération est exploité avec une flotte de 35 bus dont 10 électriques (6 minibus Bluebus, 2 midibus Heuliez et 2 bus standard Heuliez).

Auxerre : cap sur l'hydrogène

Sur le réseau AuxR_M le bus, 35 bus sont en circulation. La transition énergétique a débuté en 2021 avec l'acquisition de 5 autobus Safra Businova H2. Ces bus seront remplacés prochainement par d'autres bus à hydrogène.

À noter également que deux minibus électriques Bluebus circulent sur le réseau de la communauté d'agglomération de l'Auxerrois.

Les bus à moteur diesel utilisent un biocarburant de synthèse.

Montbéliard : bus au gaz

Le réseau Evolity est exploité avec une flotte d'une soixantaine de bus (y compris les bus affrétés). À partir de 1998, Pays de Montbéliard Agglomération opte pour le gaz naturel afin de remplacer une partie de sa flotte de bus. Désormais, 28 bus au gaz sont en circulation.

Le Creusot / Montceau-Les-Mines : conversion vers l'électrique

Le service de transport public MonRézo est organisé par la Communauté Urbaine Le Creusot Montceau-Les-Mines. Il est exploité avec une flotte de 22 bus et cars. Fin 2025, la collectivité a acquis 4 autobus électriques Heuliez GX337 Elec.

Beaune : électrique et biocarburant

Le réseau de transport public Côte&Bus de la Communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud est exploité avec une flotte de 12 bus. Parmi eux, il y a trois midibus électriques Isuzu Novociti Volt. Les autres bus utilisent du biocarburant.


Plusieurs autres réseaux de transport public de la région exploitent des véhicules électriques. C'est le cas à Nevers (trois minibus), Chalon-sur-Saône (deux minibus), Lons-le-Saunier (un minibus), Clamecy (un minibus)…


La transition énergétique en région Bourgogne-Franche-Comté est donc assez différente de celle des autres régions en raison du faible nombre de bus et cars fonctionnant au gaz. De fait, de nombreux réseaux de transport urbain vont remplacer directement les bus à moteur diesel par des bus électriques sans avoir eu le gaz comme énergie de transition.

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