La sécurité dans les transports en commun

photo : HADJ-JOBARD / SIPA PRESS

Régulièrement, les médias déplorent l'agression d'un chauffeur de bus ou le saccage de matériel de transports et le droit de retrait ou la grève qui s'en suit. Cela entraîne le malaise des chauffeurs de bus qui n'osent parfois même plus regarder leurs passagers, ne serait-ce que pour leur demander leur titre de transport.

En 1998, 520 agents de la RATP ont été agressés.

véhicule d'intervention

Les réseaux renforcent la présence humaine sur le terrain (agents de médiation…) et peuvent mettre en place des équipes d'interventions rapides, en liaison avec les services de Police.

L'objectif est également que tous les passagers se sentent en sécurité en utilisant les transports en commun. Ces dernières années, la lutte contre le harcèlement s'intensifie.

Equipes d'intervention

Certains réseaux possèdent leurs propres équipes mobiles d'intervention.

BMI Ligne d'Azur
La BMI (brigade mobile d'intervention) du réseau de Nice.

Le réseau de Bordeaux possède une équipe d'intervention motocycliste, d'autres équipes circulent à vélo.

Ces équipes ne se substituent pas aux forces de l'ordre.

La RATP et la SNCF disposent de leurs propres agents de sureté, armés.

Cette présence humaine est complémentaire aux moyens techniques.

Forces de l'ordre

L'agglomération d'Orléans dispose d'une police des transports.

Police des transports
Police des transports en patrouille sur les voies du tramway à Orléans.

Les forces de l'ordre interviennent dans les transports publics lorsque c'est nécessaire.

Police
Périmètre de sécurité établi par la Police Nationale en raison du signalement de la présence d'un coli suspect à bord d'un bus à Paris, en attendant l'intervention des démineurs (02/2021).

Médiation

Dans plusieurs réseaux, des agents d'ambiance (ou agents de médiation) ont pour rôle d'apaiser les tensions dans les bus.

Des interventions dans les établissements scolaires peuvent aussi avoir lieu pour créer du lien.

Les solutions techniques

Vitre brisée sur un autobus / photo : X. DR

A bord des véhicules, des dispositifs techniques peuvent permettre d'améliorer la sécurité des personnes et des biens.

Vidéo-surveillance embarquée

Caméra dans un GX 217 GNV de Nice (SUNBUS); photo : TRANS'BUS

Pour limiter le nombre d'actes de malveillance dans les véhicules de transport en commun, de plus en plus d'exploitants, à la demande du personnel, mais également des voyageurs, installent des dispositifs de vidéo-surveillance embarquée. Deux ou trois caméras bien positionnées (porte avant et couloir central) peuvent suffire à sécuriser un bus.
L'enregistrement vidéo peut être soit être continu, soit à la demande du chauffeur.

Selon les fonctionnalités retenues, les systèmes de vidéo-surveillance embarquée peuvent être interconnectés avec la transmission radio, permettant ainsi au régulateur d'entendre ce qui se passe dans le véhicule, et même de transmettre le son aux forces de l'ordre.

Logiciel SCENE de Temex Telecom

De nombreuses sociétés proposent des solutions de vidéosurveillance embarquée qui comportent l'enregistreur à bord du véhicule. Tous ces produits enregistrent les images sur un disque dur dont la capacité varie de 20 à 200 Go. La durée de stockage dépend de la taille du disque, mais aussi de l'algorithme de compression utilisé.
Certains produits, en plus des canaux vidéo (jusqu'à 8 pour les plus évolués), peuvent également enregistrer l'audio (le son). Les données sont sauvegardées dans le bus pour une durée moyenne variable selon les systèmes (de quelques heures à quelques jours). Les disques durs peuvent être extraits pour visionner les images. Seules les personnes assermentées, uniquement en cas d'incidents, peuvent y accéder. Le module de visualisation des images permet, dans le respect de la législation, de visionner les vidéos stockées (voir ci-contre).

Certains fabricants proposent des solutions évoluées qui permettent de transmettre les images par liaison Wifi à l'extérieur du véhicule. Certains système sont capables de transmettre les images via les réseaux 3G ou 4G.

La liste des villes équipées partiellement ou totalement en matériel de vidéo-surveillance embarquée ne cesse de croître. Cet équipement concerne aussi bien les bus neufs (installation possible dès la construction) que les plus anciens.

Droit d'accès
Mention légale concernant la présence d'un système de vidéoprotection sur un bus de la RATP.

Cabine anti-agressions

Pour protéger le personnel de conduite des agressions, on peut installer des postes de conduite entièrement fermés. Mais peu de conducteurs acceptent cette solution. Leur travail étant un métier de contact avec la clientèle, ils ne veulent donc pas s'isoler des voyageurs et s'enfermer dans leurs propres bus.

Les constructeurs de bus proposent, en option, une cabine anti-agression avec une vitre pneumatique qui se lève rapidement, à la demande du conducteur, fermant ainsi le poste de conduite.

Appel de détresse

Flash bleu

Les véhicules peuvent être équipés d'un bouton d'appel de détresse, permettant au conducteur de prévenir le PC régulation d'un problème à bord. Couplé à la géolocalisation et à la radio, ce système permet aux équipes d'intervenir rapidement et d'évaluer la situation.

En Ile-de-France, certains bus sont équipés d'un feu flash bleu qui s'allume en cas de détresse du conducteur, permettant aux équipes d'intervention d'identifier facilement le bus concerné.

Aménagement intérieur protégé

Pour éviter les dégradations, l'aménagement intérieur des autobus bénéficie d'une attention particulière. Les vitres sont recouvertes d'un film anti-gravage et les sièges d'un revêtement anti-lacération.

L'arrêt à la demande

Depuis plusieurs quelques années, certains réseaux autorisent la descente du bus en dehors des arrêts (par exemple à un carrefour), le soir. Cette mesure vise à améliorer la sécurité des usagers en limitant la marche à pied nocturne.

Nantes est le premier réseau à avoir expérimenté ce dispositif. Il a ensuite été proposé par d'autres réseaux de transport public.

Statistiques

Le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie annuellement les statistiques de vols et violences dans les réseaux de transports en commun à partir de la base des victimes de crimes et délits.

Les faits recensés portent sur les vols sans violence, vols violents, coups et blessures volontaires, violences sexuelles, ainsi que les outrages et violences contre dépositaires de l'autorité publique.

Les données sont réparties en trois périmètres : réseau métropolitain, réseau ferroviaire et réseau de surface.

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