Covid-19 : difficultés financières pour les autorités organisatrices de la mobilité

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Covid-19 : difficultés financières pour les autorités organisatrices de la mobilité
L'offre de transport n'est pas encore revenue à la normale sur de nombreux réseaux
Panneau bus

La principale source de financement des transports publics urbains est le versement mobilité (ex-versement transport), une taxe sur la masse salariale acquittée par les employeurs. La pandémie liée au coronavirus a mis en activité partielle et en arrêt de travail de nombreux salariés. Dans ces cas, le versement mobilité n'est plus prélevé.

Pour la France entière, la collecte du versement mobilité devait être de 9,4 milliards d'euros en 2020. Le GART estime que près de 2 milliards d'euros ne seront pas perçus par les autorités organisatrices de la mobilité cette année.

Les recettes des voyageurs (tickets et abonnements) sont aussi en baisse en raison du faible niveau de fréquentation des transports en commun et de l'application de fait d'une quasi-gratuité suite à la suppression de la vente à bord. Dans ses prévisions, le GART estime la perte de recettes à ce titre à plus de 2 milliards d'euros.

Cette diminution des recettes d'environ 4 milliards d'euros au total risque de compromettre les développements de l'offre de transport et les investissements en faveur de la transition énergétique.

La situation est préoccupante sur de nombreux territoires, y compris en Île-de-France.

L'attente de mesures fortes

En avril dernier, le PDG du groupe de transport Transdev a appelé à la mise en place d'un fonds de soutien à l'activité des transports publics en Europe.

La gratuité remise en cause ?

Thème de débat public lors de la campagne pour le premier tour des élections municipales, le sujet de la gratuité d'accès aux transports publics va probablement prendre un autre tournant. Dans plusieurs agglomérations, la gratuité pour les voyageurs pourrait être remise en question, faute de ressources financières. Le GART et la FNAUT militent pour la mise en place d'une tarification solidaire.

Vers une baisse de l'offre ?

La fréquentation des transports publics va mettre plusieurs mois avant de retrouver son niveau antérieur à la crise. La confiance des usagers sera à reconquérir. Les autorités organisatrices devront probablement revoir leurs politiques de développement d'offre de transport public et certains services pourraient ne pas retrouver rapidement le niveau d'offre précédent.

Des investissements remis en cause ?

La FNAUT, dans son communiqué du 20 avril, souhaite que les investissements de faible rentabilité ou contestables sur le plan environnemental (bus électriques) soient abandonnés ou reportés en revenant à des techniques simples et éprouvées (trolleybus). La fédération indique également que des choix favorables au transport public devront être faits, avec l'abandon ou le report de travaux routiers et de constructions de parkings.

Une crise générale

Ces dernières semaines, les entreprises de transport de voyageurs, notamment dans le secteur du transport touristique en autocar, ont alerté les pouvoirs publics sur leurs difficultés, faute d'activité.

C'est désormais au tour des autorités organisatrice de transport de montrer à l'Etat les conséquences de la crise sur leur situation financière.

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