Nouvelle-Aquitaine : où en est la transition énergétique des bus et cars ?
Article publié sur transbus.org le par Olivier Meyer


Chaque mois, transbus.org effectue un zoom sur la transition énergétique du parc de bus et cars dans une région française. Après l'analyse des parcs de la région Centre-Val de Loire puis de la région Bretagne, le premier article de 2026 sur cette thématique est consacré à la région Nouvelle-Aquitaine.
Les statistiques du système d'immatriculation des véhicules (SIV) comptabilisent 8 348 véhicules de transport en commun de personnes dans cette région, dont 1 855 bus et 6 493 cars. Le nombre de copies de la licence de transport communautaire pour les entreprises dont le siège est en région Nouvelle-Aquitaine est de 9 716.
On peut estimer à plus de 9 000 le nombre de bus et cars en exploitation en Nouvelle-Aquitaine.
Réseau régional Nouvelle-Aquitaine
La région organise des lignes régulières et des circuits de transport scolaire exploités par des transporteurs privées et par plusieurs opérateurs internes (deux régies et une SPL). La flotte régionale est d'environ 4 500 autocars dont 900 dédiés aux lignes régulières.
Dans le cadre de la feuille de route régionale Néo Terra initiée en 2019, afin de décarboner la mobilité, la région indique avoir en 3 ans multiplié par 25 les autocars « verts » dans la flotte régionale interurbaine et scolaire.
Désormais, plus de 200 autocars fonctionnant au biogaz circulent sur des lignes interurbaines. Une dizaine d'autocars électriques sont aussi en circulation, des modèles neufs mais aussi des autocars diesel rétrofités pour fonctionner à l'électricité. Le biocarburant B100 est utilisé pour faire circuler plus d'une cinquantaine d'autocars exploités par plusieurs transporteurs, notamment Transdev Poitou-Charentes, Citram Aquitaine, Cars Thorin, Aquitaine Cars - Groupe Delbos ou bien encore Alliance Atlantique. Certains cars sont alimentés avec du HVO, un carburant diesel de synthèse issu d'huiles végétales hydrotraitées. Une petite série d'autocars utilisant le carburant bioéthanol avait été exploitée par Transdev entre La Rochelle et l'île de Ré, mais ces cars ont été remplacés par des modèles au biogaz.
En septembre 2025, la Région indique que près de 850 autocars dont 600 cars scolaires roulent avec des solutions alternatives au gasoil.
Réseaux de transport urbain en Nouvelle-Aquitaine
Bordeaux : biogaz et électricité
Au total, plus de 620 bus et cars circulent sur le réseau TBM de Bordeaux Métropole. Les premiers bus au gaz sont arrivés en 1998. A ce jour, plus de 300 bus au gaz sont en exploitation sur le réseau dont certains en affrètement chez Citram Aquitaine (groupe Transdev) et un peu moins de 300 bus roulent au gazole. En 2024, le transporteur affrété Keolis Gironde a mis en ligne 4 bus électriques. Bordeaux Métropole met progressivement en service 40 bus articulés VDL Citea Electric sur une ligne de BHNS et va prochainement réceptionner des Heuliez GX 337 Elec et une série supplémentaire de bus articulés Iveco avec une motorisation au gaz naturel.
Le remplacement de lignes de bus par des lignes de tramway depuis 2003 contribue aussi à la transition énergétique.
À noter également que la navette aéroport (hors réseau TBM) est exploitée par Keolis Gironde avec des autocars fonctionnant au biocarburant. De plus, deux bus électriques sont utilisés par l'Aéroport de Bordeaux Mérignac sur une navette parking.
Pays Basque - Adour : électrique
Plus de 190 bus circulent sur le réseau Txik Txak du Syndicat des Mobilités Pays Basque - Adour. Deux lignes de BHNS ont été mises en service en 2019. Elles sont exploitées avec des bus articulés électriques à recharge rapide aux terminus. Depuis, d'autres bus électriques à batterie ont intégré le parc pour remplacer des bus diesel en fin de vie. Désormais plus de 60 bus et minibus électriques circulent sur le réseau.
Poitiers : fidélité au biogaz
Le réseau Vitalis du Grand Poitiers est exploité avec environ 250 bus et cars. La collectivité a été l'une des premières à se lancer à grande échelle dans les bus au gaz à partir de 1998. Désormais, la régie exploite près de 80 bus au gaz. La transition énergétique s'étend également aux transporteurs affrétés. En 2025, Les Rapides du Poitou ont mis en service quelques bus et cars fonctionnant au gaz naturel.
Limoges : l'électrique sous toutes ses formes
Le trolleybus fait partie du paysage de la ville de Limoges. Un marché d'acquisition de trolleybus articulés a été lancé en novembre 2025 par Limoges Métropole. Toutefois, pour les deux lignes de BHNS, la collectivité a choisi des autobus articulés à chaîne de traction électrique à recharge rapide ou semi rapide aux terminus et recharge lente au dépôt si nécessaire. Il est prévu une mise en service de la ligne A en septembre 2028 et en 2030 pour la ligne B. Au total, 200 bus, dont 38 trolleybus, circulent sur le réseau TCL. Le parc du réseau TCL comprend aussi trois minibus électriques achetés en 2024. Quelques autocars scolaires roulent en utilisant le biocarburant B100.
La Rochelle : un mix-énergétique qui évolue
La stratégie de transition énergétique du réseau de La Rochelle a évolué. Douze bus au gaz ont été achetés par la collectivité en 2020 et 2021, ils sont rechargés dans une station publique. Mais désormais, les nouveaux bus sont électriques, avec une vingtaine d'exemplaires en circulation. À noter également la présence d'un bus fonctionnant au bioéthanol acquis en 2020 par Transdev. La flotte du réseau Yélo est constituée de 135 bus et d'une soixantaine de cars scolaires.
Angoulême : cap sur l'électrique
Les transports public du Grand Angoulême sont exploités avec une flotte de 120 bus. Le réseau exploité par la STGA a acquis des bus hybrides diesel-électrique à partir de 2014. Les premiers bus électriques ont été mis en service en 2023 : deux minibus Bluebus. Neufs bus électriques Heuliez de 12 mètres de long ont été commandés en 2024 et sont en cours de réception.
Niort : mix énergétique
Plus de 120 bus et cars circulent sur le réseau Tanlib. Parmi eux, 15 fonctionnent au biogaz (dont 3 autocars). Les premiers ont été mis en service en 2022. Le réseau exploite aussi des bus électriques : six bus standard, deux midibus (livrés en 2022) et quatre minibus.
Pau : hydrogène et électrique
À Pau, les transports publics organisés par le Syndicat Mixte Pau Béarn Pyrénées Mobilités sont exploités avec une flotte de 120 bus. Les premiers bus articulés à hydrogène ont été livrés fin 2019. Quelques bus à hydrogène supplémentaires ont été achetés en 2023. Mais depuis les nouveaux véhicules sont des bus électriques à batterie (4 reçus en 2024).
Agen : cap sur le biogaz
À l'occasion du renouvellement du contrat d'exploitation des transports publics, l'Agglomération d'Agen a fait le choix du biogaz. Un nouveau dépôt est en construction à proximité d'une station publique. Des autobus à motorisation gaz naturel vont être acquis par le délégataire. La flotte du réseau Tempo est constituée de 37 bus et d'autocars pour les circuits de transport scolaire.
Dax : biogaz
Exploité par la SPL Trans-Landes, le réseau de transport urbain Couralin du Grand Dax est équipé de dix autobus fonctionnant au biogaz depuis 2020 sur un parc de 30 bus au total. Une station de compression a été installée au dépôt.
Périgueux : électrique
Les lignes Péribus du Grand Périgueux sont exploitées avec près de 60 bus. La collectivité a choisi en 2023 de mettre le cap sur l'électricité. Deux bus Mercedes eCitaro ont été mis en service en 2024, puis 4 en 2025.
Libourne
Les communes de la Cali, l'agglomération de Libourne, sont desservies par le réseau Calibus et sa flotte d'une cinquantaine de bus et cars. Parmi eux, deux minibus sont électriques et deux cars fonctionnent au bioéthanol (motorisation Scania).
Brive-la-Gaillarde : renouvellement progressif par des bus électriques
La communauté d'Agglomération du Bassin de Brive a choisi d'acquérir des bus électriques dans le cadre de la transition énergétique. Trois minibus électriques ont été mis en service en 2016, puis à partir de 2021, des bus électriques Heuliez de 10 et 12 mètres ont intégré le parc. Il y a désormais 13 bus à batteries sur les lignes et navettes Libéo.
Arcachon
Les premiers minibus électriques sont arrivés en 2003 à Arcachon. À ce jour, le réseau de transport public Baïa de la communauté d'agglomération Bassin d'Arcachon Sud n'en exploite plus.
Andernos : énergies alternatives au gasoil
Lancé progressivement à partir de septembre 2024, le réseau de transport public Alégo de la communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon Nord (COBAN) a réceptionné 5 Bluebus de 6 mètres en 2025. Le mix énergétique de la flotte associe l'électrique (lignes 4 et 5), le bioGNV (2 lignes urbaines), le B100 (lignes à vocation scolaire) et le carburant HVO (urbain principalement).
Île de Ré
Les navettes RespiRé, organisées par le département de la Charente-Maritime, sont exploitées principalement avec des minibus électriques ou fonctionnant au biogaz.
La transition énergétique est donc bien engagée dans la plupart des réseaux de transport public de la région Nouvelle-Aquitaine avec différentes solutions, en fonction du contexte local.








